| la droite |
| 05-06-2012 | |
Après Sarkozy, où va la droite ?Depuis une dizaine d’années, la droite en France signifiait l’UMP. Et la tendance générale visait à opposer deux grands partis UMP/PS, un peu comme aux États-Unis avec les républicains et les démocrates. Les choses changent.Par Leila Messaoudi
UMP: un parti sur mesure pour SarkozyL’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) était appelée avant Union pour la Majorité Présidentielle, pour soutenir la candidature de Jacques Chirac en 2002. Regroupant le RPR et la Démocratie libérale, l’UMP est rejoint à sa création par deux tiers des députés de l’Union pour la Démocratie Française (UDF). Le tiers restant se retrouve dans le MODEM de Bayrou. L’UMP a prétendu être un rassemblement de tendances gaullistes, centristes, libérales et conservatrices. Mais c’est l’ultralibéralisme qui a dominé son programme. En 2004, Sarkozy en devient le président. Il fait de l’UMP sa machine électorale personnelle au détriment des autres courants au sein du parti. Il gagne l’élection présidentielle de 2007. Et après lui, la fonction de président de l’UMP disparaît. Un parti trop petit pour les autres Législatives obligent, la question est : comment éviter que le parti explose tout de suite ? L’UMP est une machine électorale, l’étiquette UMP permet d’avoir un label national important et d’être financée... Il ne faut pas négliger ces questions qui expliquent en partie l’union affichée avant les législatives. Avoir une multitude de petits partis de droite en ordre dispersé en juin serait fatal à l’appareil du parti. Copé a ainsi rassuré et annoncé que, conformément aux statuts de l’UMP, des mouvements pourraient se constituer au sein du parti et être financés.Copé, Fillon et Juppé... Il existe une guerre de chefs. Mais les divergences au sein de l’UMP existent. Elles traduisent un angle d’approche différent de la période de crise économique sans précédent et de risques de troubles sociaux. C’est en fait le retour de la droite nationale (prête à s’allier avec le FN), de la droite dite «sociale» (anciens centristes) et de la droite gaulliste. Ces trois grands courants de la droite en France sont issus de la révolution française. Ils se sont poursuivis au 20ème siècle : une droite contre révolutionnaire issue de la monarchie incarnée par Vichy puis poursuivie par le FN, une droite libérale incarnée par Giscard et Sarkozy et une droite bonapartiste incarnée par De Gaulle et un peu Chirac. Avec la défaite de Sarkozy qui a affiché le libéralisme mêlé au bonapartisme, le maintien de tous ces courants dans un seul parti est très tendu.Quelle recomposition ?Une partie de la bataille se joue donc au sein de l’UMP. Et le FN sous le label rassemblement bleu marine veut peser sur ce tableau et appelle à la recomposition de la droite pour les législatives. L’UMP ne s’alliera certainement pas nationalement et ouvertement au FN mais il va certainement y avoir des accords locaux.Etant donnée la situation de l’UMP, aujourd’hui, une défaite aux législatives ouvrirait une recomposition rapide. Les débats de la droite ne sont pas d’avoir un meilleur programme pour la population mais comment être élue en 2017. Chirac comme Sarkozy ont ainsi souvent oscillé tactiquement avec un courant ou un autre pour dominer. Les trois courants de droite sont tous l’expression politique du camp des capitalistes. S’ils ont des stratégies différentes dans la situation de crise actuelle, ils veulent par contre tous gouverner pour préserver et développer les profits de la classe capitaliste. Ils ne représenteront jamais les intérêts de la majorité de la population. Et leurs divisions montrent les faiblesses des capitalistes. Aux travailleurs et aux jeunes de s’organiser eux-mêmes ! |
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| Dernière mise à jour : ( 05-06-2012 ) |