NPA
15-05-2011

NPA :  ne pas se perdre dans les débats autour des présidentielles

La période est riche : révolution tunisienne, puis égyptienne, qui ont à leur tour inspiré des insurrections et mobilisations dans d'autres pays. Les mobilisations et grèves continuent en Grèce, au Portugal, l’élection de 5 députés de la coalition «Alliance de la Gauche Unie» en Irlande. Les éléments de la situation qui ont provoqué des vagues de grève gigantesques en 2010 sont toujours présents.

 

Le congrès n'a pas permis que le parti porte une orientation claire. On continue de passer d'un sujet à un autre sans qu'on puisse réellement savoir quel est l'objectif global. Les «campagnes» se multiplient sans lien entre elles et sans réellement permettre de construire le parti tant sa direction ne s'oriente que par rapport au reste de la gauche.

La seule «perspective» qui apparaît clairement et concentre une bonne partie des débats est la prochaine période électorale. L'organisation d'une conférence nationale ou d'une consultation des militants en juin, vont faire que les élections et la tactique par rapport à la gauche risquent encore de dominer les débats. Ces mêmes questions, non liées à la politique globale du parti, nous ont déjà paralysé ces dernières années. Ceci nous a empêché d'avoir un appel clair de congrès et une orientation prioritaire basée sur la lutte des classes. En outre, la question du programme à défendre n'est de fait que très peu abordée, alors que c'est la principale quelle que soit la candidature défendue. Cependant, nous regrettons la décision d'Olivier Besancenot de ne pas se représenter, car il incarnait pour beaucoup de travailleurs leur seul défenseur sur l'échiquier politique.

Il faut apporter notre solidarité aux peuples en lutte, se préparer et se construire en anticipant une possible vague révolutionnaire chez nous. Ceci rend concrète la perspective d'une révolution socialiste à l'échelle mondiale (en posant aussi les difficultés inhérentes à celle-ci, illustrées par les tentatives contre-révolutionnaires déjà à l'œuvre)

Le parti doit mener ces débats centralement pour que la campagne présidentielle soit une étape dans le prolongement de notre combat pour refuser de continuer à payer la crise et ses conséquences : bas salaires, licenciements, montée des idées racistes et réactionnaires, nouvelles interventions militaires …

Les travailleurs ont plus que jamais besoin d'un parti qui les défend mais surtout permet de s'organiser en défendant une alternative claire au capitalisme. Plutôt que de dépenser autant de temps et d'énergie pour mettre en débat une candidature anticapitaliste qui n'existera pas, le NPA devrait mettre en débat la nécessité d'une lutte d'ensemble pour refuser de payer la crise et une alternative socialiste au capitalisme.

Virginie Prégny