Préparation du congrès du NPA
07-01-2011

Le NPA devrait jouer un rôle plus important dans la situation actuelle

 Lors du congrès de Fondation du NPA, l'idée du lancement d'un parti anticapitaliste large regroupant des militants politiques, associatifs, syndicalistes et souvent même inorganisés, voulant s'organiser politiquement pour se batte contre la politique de Sarkozy et des capitalistes rencontrait un certain succès auprès d'une large couche de travailleurs et de jeunes.

 Par Lise de Luca

L'Egalité n°146 (novembre-décembre 2010)

A ce moment une grande série de débats traversaient les rangs du NPA ce qui est normal et bon signe chacun voulant s'investir, comprendre agir et participer à l'élaboration du programme politique du parti.

Depuis le NPA s'est confronté autour des élections régionales à une crise structurelle et politique, n'ayant pas réussi au sein même du parti à faire avancer les débats de fond et à dégager une réelle majorité et une direction reconnue par l'ensemble des militants du parti. Une question reste toujours non tranchée : quel parti avons nous besoin dans la période actuelle ?

Les militants du courant gauche révolutionnaire du NPA pensent que ce parti dont nous avons besoin doit être celui des travailleurs, des jeunes, de tous les exploités et les opprimés. Que ce parti doit se construire largement dans les entreprises, les quartiers populaires, les facs, les lycées, en portant un projet politique clair face au système capitaliste, la lutte pour le renversement du capitalisme et la construction d'une société socialiste.

C'est dans cette perspective que nous participons au NPA, que nous faisons des propositions dans les comités où nous intervenons, dans les villes mais aussi dans les différentes instances du parti à l'échelle locale et nationale. Les critiques que nous formulons ne sont pas faites pour enfoncer le parti mais au contraire pour aider à tirer les bilans de ce qui a été fait ou pas fait, et avancer vers la construction d'un parti qui soit un véritable outil politique dont se saisiraient les travailleurs et les jeunes pour lutter au quotidien pour défendre leur avenir, leur condition de vie et de travail mais aussi pour renverser ce système pourri.  

Dans le mouvement de grève contre la réforme des retraites

Tous les militants s'attendaient dès le début de l'année 2010 à ce que la question des retraites occupe une place importante au niveau des préoccupations sociales. Le gouvernement avait depuis longtemps annoncé cette attaque. Dans ce contexte, le NPA a pris un certain retard pour organiser la mobilisation contre cette réforme. Sachant l'enjeu qu'elle représentait pour le gouvernement mais aussi le point d'ancrage qu'elle pouvait représenter pour le lancement d'un mouvement interprofessionnel, nous avions dès avril 2010 fait des propositions autour

de la nécessité de construire des comités d'action dans les villes, les quartiers, les entreprises, invitant largement les gens, les travailleurs, les jeunes à venir discuter et préparer la riposte à la rentrée. Le NPA aurait pu être à l'initiative d'un tel projet. Il aurait pu porter cette nécessité au sein des collectifs unitaires pour la défense des retraites dans lesquels nous étions. Mais non, au lieu de cela nous nous sommes contenté de discuter entre militants organisés, entre structure, sans ouvrir largement le débat au sein de la population et cela alors que les premiers sondages annonçaient que2/3 des français étaient contre le projet de loi Sarkozy/Woerth. De tels comités auraient pu dès juin dernier et durant tout l'été préparer une véritable mobilisation de la base pour construire la grève générale dès la rentrée. Il n’y a pas de recette miracle, mais pour savoir si quelque chose peut fonctionner, il faut essayer.

Dans les collectifs unitaires

Dans les « collectifs unitaires » le NPA a défendu principalement deux revendications : celle du retrait du projet de loi et celle du maintien de l'âge de départ à 60 ans. Le fait de focaliser toute notre argumentation sur ce dernier point était à côté des enjeux de ce mouvement. Certes, cette revendication pouvait être repris par toutes les forces de la gauche, même par le PS; mais en ne mettant pas en avant, par exemple, la question du nombre d'annuités de cotisation, nous ne nous sommes pas différenciés à une échelle large du PS qui défend la possibilité de partir à 60 ans tout en se prononçant pour 41,5 annuités de cotisation. Avec une telle orientation, le PS se prononce pour un départ à 60 ans mais avec une décote importante ce qui laisse un espace aux complémentaires privées qui pourront couvrir les pensions de ceux qui ont les moyens d'y cotiser. Le NPA aurait du largement porter la revendication du retour au 37,5 annuités de cotisations pour tous ainsi qu'élargir les revendications à la question des salaires, des conditions de travail, du refus des licenciements..

Le problème n'est pas de participer à ce genre de collectif mais de savoir clairement ce qu'on y défend. D'apporter nos propres revendications de manière à défendre une orientation anticapitaliste et de démasquer aussi les partis comme le PS ou le PC qui font croire que les choses pourront s'améliorer dans le cadre des institutions capitalistes.  

Sur la question de la grève générale

Au cours de l'année 2009/2010, la direction du NPA a plusieurs fois répété que nous étions dans une période sans lutte sociale, ce qui était un obstacle pour la construction du parti et reportait nos activités sur un terrain électoral. Le courant GR ne partageait pas cette analyse. Comment peut on dire qu'il n’y avait pas de luttes alors que les Molex, les Good year, les Conti et bien d'autres encore se battaient dans des entreprises, contre les plans de licenciements. Certes il s'agissait de luttes de boites, sectorielles, qui ne pouvaient s'élargir à d'autres secteurs mais qui étaient d'une grande détermination (personne n'oublie les piquets, les séquestration de patrons..). Ces luttes laissaient d'ailleurs entrevoir la possibilité dune lutte massive sur les retraites par le fait que la classe ouvrière, notamment dans le privé ne s'était pas résignée.

Pourtant dès la rentrée, nous avons retrouvé dans tout le matériel du NPA un seul mot d'ordre : pour la grève générale ! Difficile de voir comment on peut passer d'une situation sans lutte à une situation de grève générale. Mais cette invocation de la grève générale, ce sursaut ne peut pas prendre sens pour une grande partie de la population si elle n'est pas accompagnée d'une perspective politique. La grève générale n'est pas une fin en soi, mais un moyen, dont se sert la classe ouvrière pour reprendre le dessus, et peut être demain prendre le pouvoir. Dans ce sens, il faut qu'un parti anticapitaliste comme le NPA amène cette perspective d'un changement de société, du socialisme et des moyens pour y arriver.

Plusieurs fois le matériel politique du NPA a été en dessous du niveau de conscience et des besoins qu'avaient les jeunes et les travailleurs en lutte. L'absence de revendications, de perspectives pour construire le mouvement, ramenait le contenu des tracts, des articles à un commentaire para syndical. Et cela se traduit en terme de construction où un mouvement d'un telle profondeur ne s'est pas encore traduit en terme d’afflux massif de nouveaux membres pour le NPA. Tout ceci est largement rattrapable, il faut que les militants du NPA se saisisse des débats politiques.

L'investissement des militants

Durant ce mouvement, dans de nombreux secteurs, les militants du NPA étaient très investis dans la construction de la grève, la participation aux actions de blocages mais de façon assez autonome, chacun faisant ce qu'il peut dans son secteur. Ce qui nous a manqué c'est une ligne directrice claire qui aurait permis de prioriser les actions, de coordonner notre travail dans les différents syndicats, afin de proposer des initiatives communes et d'essayer de peser plus lourdement sur les directions locales et nationales des syndicats.

Aujourd'hui et à l'approche du congrès nous devons tirer les bilans de tout cela. Et répondre à la question centrale de quel parti il nous faut pour affronter la prochaine période. En effet, différentes positions existent qui sont en fait des divergences sur le type de parti qu’il faut construire.

Certains dirigeants seraient aujourd'hui tenté de dire que plus qu'un parti c'est un large mouvement que nous devons lancer, rassemblant tous les anticapitalistes, et ceux qui sont pour la grève générale. Mais ne nous y trompons pas. Dans le contexte actuel marqué par la crise économique, où la bourgeoisie est à l'offensive sur tous les fronts pour garder ses profits et nous faire payer la facture, c'est bien d'un véritable parti organisé structuré, tourné vers les travailleurs et la jeunesse, portant un programme politique clairement socialiste dont nous avons besoin. C'est dans cette perspective là que le courant GR aborde la discussion au sein du NPA autour de la préparation du congrès.