| Elections régionales |
| 04-03-2010 | |
Le NPA ne doit pas gâcher son potentiel !Lors de son lancement, le NPA soulevait certains espoirs. D’autant plus que la crise du capitalisme offrait un terrain favorable à la dénonciation de ce système. La nécessité d’un nouveau parti de masse des travailleurs et des jeunes s’impose du fait du passage du PS dans le camp de la bourgeoisie, et de la faillite définitive du stalinisme, le PCF n’étant presque qu’une sorte de satellite du PS.La décision de l'ex LCR de lancer le NPA correspondait à cette nécessité, et beaucoup de travailleurs se retrouvaient dans les déclarations de son principal porte parole, Olivier Besancenot. Mais devant l’étendue du vide politique à gauche du PS et du PCF, le NPA allait attirer des couches venus d’horizons divers : militants associatifs, altermondialistes, certains courants écologistes… Autant de militants qui ne considèrent pas nécessairement la classe des travailleurs comme étant centrale pour le renversement du capitalisme.
C’est ainsi que les textes fondateurs du NPA, tout en ayant une référence très importante au luttes et au renversement du capitalisme, laissaient en fait certains débats ouverts : qu’est ce que le socialisme, comment y parvenir… En fait, quel type de parti souhaitons nous construire. Ce n’était pas un problème en soi de ne pas trancher tous ces débats en une fois mais la question est de les avoir, de développer et de confronter fraternellement les idées.Le manque de clarté politiqueCe n’est pas ce qui a rythmé la vie du parti depuis son congrès de février. Alors que la situation sociale, les milliers de grèves locales, était favorable au développement de l’activité du parti en leur direction, pour en faire un outil d’élaboration de la stratégie et de la tactique pour les luttes, et pour discuter avec les travailleurs de la perspective du socialisme, la plupart du matériel du NPA se contentait de slogans comme «grève générale» sans discuter de manière approfondie de comment la construire. Le “modèle” guadeloupéen (le collectif d’organisations associatives, politiques, syndicales et artisanales, le LKP) était pris de manière plaquée. Une telle focalisation, a empêché d’analyser correctement que la grande journée de grève du 19 mars risquait en fait d’être la dernière de ce genre, les directions syndicales refusant d’aller plus loin. Le parti aurait du alors discuter de cette nouvelle situation, et prendre des initiatives locales ou régionales publiques et larges comme des rencontres de travailleurs. Quand cela s’est fait, c’était extrêmement limité, souvent au niveau local. A aucun moment ce genre de débat n’a traversé le parti.Pessimisme face à l’émiettement des luttes ?Du coup, c’est vers les élections européennes que s’est tournée la majeure partie du travail du NPA. Or celles-ci, bien qu’ayant une importance, n’étaient pas dans les principales préoccupations des travailleurs et des jeunes. Alors que le slogan central initial était très combatif («Partout en Europe, pas question de payer leur crise !»), la fin de campagne était sous le slogan très mou, «ripostez utile, votez NPA !». Un tel slogan ne nous distinguait plus vraiment du Front de gauche, et ne nous profilait pas clairement comme parti anticapitaliste.Ce dont souffre le NPA, c’est de l’absence de discussion réellement approfondie sur le niveau de conscience réel des travailleurs, de la jeunesse, des habitants des quartiers populaires. Une telle discussion permettrait d’adapter les slogans, les revendications mais aussi d’amener une analyse plus approfondie, et de développer l’argumentation pour une société socialiste.Car le problème, c’est que l’absence de tels débats fait que même si l’ex LCR a été dissoute, les militants qui en sont issus sont dominants dans les différentes instances. Toute une série de décisions, de slogans, de revendications sont sur la base des seules anciennes décisions de la LCR. Par exemple, cet appel répété sur chaque question clef à la «gauche sociale et politique», ce qui veut dire en appeler au PS, alors même que ce parti est un parti bourgeois, procapitaliste, et qu’il n’y a plus aucun intérêt pour les travailleurs à essayer d’en faire un partenaire Difficile pour des militants peu expérimentés de trouver leur place.Eviter le gâchisDepuis le début de l’été, le débat dominant est celui sur les élections régionales, et plus précisément la tactique d’alliance pour ces élections. La direction nationale du parti, le Conseil Politique National, a même eu un week-end où c’est quasiment seulement cette discussion que nous avons eu !Une campagne, «Nos emplois par leurs profits», devait être lancée mais elle l’a été avec énormément de retard, et sans discussion approfondie au sein du CPN. Au lieu d’être une campagne pour orienter le parti vers les travailleurs et les entreprises, elle s’est faite en priorité sur la préparation d’une marche des «précaires et des chômeurs», assez inadaptée à la situation économique et sociale actuelle mais révélant bien le problème de fond. La question du caractère central de la classe des travailleurs (et également d’une certaine priorité vers la jeunesse) n’est pas discutée et ne fait pas partie de l’orientation.Les désaccords ne sont pas non assez discutés pour être clarifiés : soit ils sont esquivés par un consensus qui ne règle rien, soit ils sont renvoyés en commission et chacun fait ce qu’il veut dans son coin. Du coup, les incompréhensions et les tensions s’accumulent.Les tâches n’ont pas changéL’année qui vient peut être utilisée pour avoir ou ré-avoir les débats, et avancer vers la clarification des idées. La nécessité d’un nouveau parti de lutte des travailleurs et de la jeunesse contre Sarkozy et le capitalisme n’a pas disparue. Cela demande un programme plus clair, et un travail patient et ouvert vers les travailleurs et la jeunesse. La tâche des marxistes reste avant tout de développer l'indépendance de classe des travailleurs face à la bourgeoisie et aux partis à son service. Si le NPA ne va pas dans cette direction, il restera un petit parti contestataire mais ne réussira pas à remplir le rôle qu’il s’est pourtant fixé : renverser le capitalisme.ARL'Egalité n°141 (Janvier-Février 2010) |
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| Dernière mise à jour : ( 04-03-2010 ) |