Guadeloupe 2009 : « rien ne sera plus comme avant. » Quelles leçons tirer de la grève générale ?
03-11-2009

Image Guadeloupe : de la grève générale à la révolution ?

Retour sur 44 jours de grève et de lutte

     Pendant 44 jours, la Guadeloupe aura vécu au rythme de la grève générale conduite par le LKP et des milliers de travailleurs et de travailleuses. Bien qu’unis sur la question du niveau de vie, de la lutte pour la hausse des salaires, les milliers de grévistes et de militants ne limitaient pas leurs revendications à cela. Toute une série de revendications politiques et culturelles posaient la question de la nature même de la société aux Antilles. Le capitalisme structure les rapports sociaux mais dans une société ayant hérité d’une économie coloniale où la classe dominante s’était enrichie grâce à l’esclavage et à l’économie d’exportation. Ainsi, comme toute grève générale, celle de la Guadeloupe posait la question de qui détient le pouvoir, du rôle de l’Etat qui est ici à la fois en faveur des classes bourgeoise et moyenne de l’île mais aussi aux mains de l’impérialisme français.

 

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     De ce fait, la plate-forme de la grève générale comportait toute une série de revendications qui dénonçaient l’ensemble des problèmes provoqués par le capitalisme aux Antilles et hérités par la société coloniale et esclavagiste.

     Une grève générale comporte toujours énormément de leçons. Elle met en lumière la nature de classe d’une société, ses deux camps fondamentaux, la classe ouvrière d’un côté qui rallie à elle les masses pauvres, les petits paysans, et la vieille bourgeoisie blanche (béké) ou créole, prête à exiger de l’Etat la plus grande violence pour maintenir sa domination. Et au milieu, une classe moyenne noire qui oscille sans cesse entre la peur de la grève générale et sa volonté de s’intégrer au système, de gérer les « affaires » capitalistes.

     Mais une grève générale soulève aussi énormément de questions, notamment quand elle ébranle à ce point le système, jusqu’à faire peur au gouvernement de la métropole. Comment, alors que l’ile était entièrement paralysée, n’a-t-il pas été possible d’aller plus loin ? Comment s’inspirer des leçons de la grève générale pour qu’elle serve aux prochaines luttes inévitables et soit une première expérience pour les masses guadeloupéenne, et pour toutes celles de la caraïbe ? Toute grève générale pose la question du pouvoir, de quelle classe dirige la société. La question reste entière de comment répondre à cette question, c’est à dire en finir avec l’exploitation capitaliste, avec l’oppression coloniale de l’Etat français. Si le droit à l’autodétermination du peuple guadeloupéen, donc y compris à son indépendance, est indiscutable et doit être défendu sans conditions par les marxistes, il est clair que le simple mot d’ordre « d’indépendance » ne suffit pas. Il est même de plus en plus agité par des couches de la classe moyenne noire qui se rêvent chef d’Etat à l’image des anciens dirigeants du parti communiste d’Afrique du sud qui théorisent la nécessité d’un capitalisme noir.

      La présente brochure est constituée d’articles qui ont été écrit au fur et à mesure de la grève et de ses suites. Ils essaient d’aborder l’ensemble des questions soulevées par cette grève et par la situation actuelle, en partant de l’activité concrète des masses, de la réalité du LKP et des positions des différentes organisations qui composent le collectif.

     Si la grève générale permet de tirer certaines leçons et aussi soulève des questions, il est nécessaire d’essayer de formuler des réponses. Comment à partir de la situation actuelle, les masses peuvent elles trouver le chemin vers le socialisme, en construisant le parti qui permettra la victoire de la révolution qui abolira le capitalisme.

     Dans la prochaine période, de nouvelles luttes vont avoir lieu, tant les classes dirigeantes de Guadeloupe (et on voit un phénomène similaire en Martinique) et de France vont vouloir reprendre aux travailleurs ce qu’elles ont été obligées de lâcher (et cela a bien évidemment commencé dès les jours qui ont suivi la fin de la grève générale). La crise du système capitaliste en continuant de s’approfondir va se reporter de plus en plus violemment sur les travailleurs et les masses pauvres, créant également de nouvelles situation de luttes généralisées.

     Comment s’y préparer, quel programme défendre pour passer d’une grève générale combative mais avant tout défensive, à une lutte offensive, révolutionnaire. C’est à cela que veulent également contribuer les articles de cette brochure. Ils sont tirés de L’Egalité, journal de la Gauche révolutionnaire, qui est la section française du comité pour une internationale ouvrière (CIO/CWI), internationale socialiste révolutionnaire, présente dans 40 pays des six continents. Nous luttons pour la libération des masses de tout le globe par la révolution socialiste, tout en luttant au quotidien aux côtés de milliers de travailleurs et de jeunes pour refuser de payer la crise. La Gauche révolutionnaire est un courant fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste dont le principal porte-parole est Olivier Besancenot.

 

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Dernière mise à jour : ( 03-11-2009 )