Propositions pour le NPA
08-07-2009

Quel rôle pour le NPA aujourd'hui ?

     Le congrès de fondation du NPA en février a lancé ce parti sur un programme anticapitaliste. Mais nous n'en sommes encore qu'aux premiers pas. L’enjeu principal sera de faire de ce parti un véritable outil organisant massivement les travailleurs et leur permettant de lutter contre l’ensemble des attaques menées par Sarkozy et son gouvernement.   

Un parti qui se construise par et pour les luttes.

     Le NPA est surtout connu dans les milieux militants, à une échelle plus large c'est surtout Olivier Besancenot qui identifie le parti, mais pas une ligne de conduite ni un programme.

     Les luttes dans certaines entreprises, dans les universités... ont besoin d'être renforcées et coordonnées. Elles manquent d'un plan de bataille commun qui permette aux différent secteurs de discuter ensemble des suites de leurs mouvements et même de comment les faire converger et gagner.... Le NPA doit devenir peu à peu cet outil. Les militants du NPA, en particulier les syndicalistes, doivent pouvoir plus discuter ensemble pour élaborer une vraie stratégie du NPA dans les syndicats qui puisse être reprise par les syndicalistes de base et les travailleurs non syndiqués dans les secteurs où nous intervenons et dans les luttes. Les cortèges dans les manifestations, le soutien systématique des militants du NPA sur les piquets de grève existent dans certaines villes mais doivent se généraliser.

Un parti qui combatte le capitalisme et qui propose une alternative

     C'est par ces méthodes que le NPA pourra être utile aux luttes et commencer à organiser les travailleurs et les jeunes. Cependant il doit bien sûr mettre en avant des revendications immédiates de la lutte mais aussi avancer des revendications transitoires ; c'est-à-dire qui  permettent de prendre conscience que tout ce qu'on pourra gagner sous le capitalisme ne sera jamais durable à cause du mode de production même du capitalisme, basé sur la propriété privée des moyens de production ; et qu'il faut donc aller vers une organisation démocratique de l'économie et de la société en général par les travailleurs : c’est le socialisme. Par exemple, lorsque l'on discute avec des travailleurs en lutte contre les licenciements il faut  défendre la nationalisation des entreprises qui licencient sous le contrôle démocratique des travailleurs comme moyen de réellement empêcher les licenciements.  Proposer notre alternative au capitalisme qui est le socialisme ne doit pas rester une perspective abstraite dans les textes fondateurs. On doit s'attacher à le décliner par des revendications et des analyses qui rendent cette perspective concrète pour les luttes. Et cela peut aussi être fait lors des élections européennes. Les élections sont une tribune pour porter la voix des travailleurs et peuvent être un appui pour les luttes si la campagne s'en donne l'objectif.

Le NPA : un lieu de débat

     Les sondages qui témoignent de la popularité du parti, et les attaques des bureaucraties syndicales contre le NPA montrent qu'il y a un gros potentiel pour un parti de lutte pour le socialisme. Pour être un outil utile aux luttes, il est nécessaire que se développent plus les débats au sein du parti. Quelles revendications? Quelles initiatives? Quelle stratégie pour les luttes? Comment amener la question d’une appropriation collective des moyens de production ? Chaque discussion de comités ou de commission doit permettre aux militants de développer le programme et de se l'approprier. Le blocage des directions syndicales et la dérive des partis qui se disent de gauche, empêchent que ne se développent largement les débats pour construire, coordonner les luttes et leur donner une perspective politique. Olivier Besancenot a évoqué, lors des à différentes entreprises en grève, la nécessité d'une journée de grève générale contre les licenciements et suppressions de poste. Bien que les syndicats appellent à une journée de « mobilisation » en mai, on est loin du compte.

     Les militants du NPA doivent donc discuter largement de comment il est possible de mener un campagne militante dans les entreprises et les quartiers pour donner un contenu combatif à cette journée. Dans certains secteurs on pourrait même pousser à ce que ce soit une journée de grève. Les militants du NPA dans l'automobile, à EDF-GDF, dans les hôpitaux, dans les universités... pourraient mener cette campagne de façon très concrète avec leurs collègues et serait un premier pas pour mettre un coup d'arrêt à l'offensive du patronat et du gouvernement. Une telle campagne mettrait vraiment la pression sur les directions des syndicats et on pourrait démontrer l'utilité du NPA comme parti des travailleurs.

     La construction d'un parti ne se fait pas de façon linéaire, les travailleurs ont besoin de voir si le NPA ne les décevra pas comme les anciens partis ouvriers. Il faudra encore du temps pour approfondir le programme et renforcer les structures et la construction du parti. Mais la période est cruciale pour que se posent les bases d'un parti de masse des travailleurs. La priorité doit être donnée à des campagnes de construction des luttes, de soutien aux luttes existantes et développement d'un plan de bataille concret pour les travailleurs. Sinon le risque est grand que le NPA ne se développe pas au delà d'un certain cercle militant et manque les opportunités ouvertes par la période.

Mathias Louis et Virginie Prégny (L'Egalité n°137 mai-juin 2009)