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| 29-10-2007 | |
C’est le moment !Construisons un nouveau parti des travailleurs pour lutter contre Sarkozy-Fillon et le capitalismeL’élection de Sarkozy à la présidence signifie l’arrivée au pouvoir du représentant le plus décidé des capitalistes, celui qui ne veut pas se « contenter de quelques réformes » mais transformer la société toute entière. Il n’a cessé de parler de « rupture » car il veut aller plus vite et plus loin que tous les gouvernements qui l’ont précédé. Ce que préparent Sarkozy-Fillon c’est une vaste offensive ultralibérale contre les travailleurs et leurs acquis (sécurité sociale, droit du travail, services publics…). Face à eux, il y a urgence : urgence que se développe une lutte d’ensemble des travailleurs et de la jeunesse, et urgence que se crée un nouveau parti anticapitaliste pour s’organiser efficacement contre ce gouvernement et tous ceux (riches, patrons, politiciens…) qui défendent le capitalisme et veulent maintenir ce système basé sur l’exploitation toujours plus dure des travailleurs.Alors que Lutte Ouvrière, des courants du PCF ou dans les syndicats auraient pu le faire depuis plus de 10 ans, ce parti n’existe toujours pas. La LCR, forte d’un assez bon score à l’élection présidentielle (4,1%) a déclaré publiquement qu’elle pensait qu’il était temps désormais d’avancer vers un nouveau parti anticapitaliste. Son porte parole, O. Besancenot, a renouvelé cette déclaration le 25 août dernier. Pour nous, ce serait un pas en avant très positif si un tel parti voyait le jour. Nous sommes prêts à y participer dès maintenant, et nous pensons qu’il est possible d’engager le processus de construction de ce nouveau parti dès cet automne. Olivier Besancenot a déclaré que le discours de Fillon sur les retraites était une véritable « déclaration de guerre ». Nous sommes bien d’accord, et s’il y a une guerre contre les travailleurs qui se prépare alors il faut nous préparer nous aussi. La déclaration de Besancenot le 9 septembre dernier disant que par rapport au nouveau parti « on n’est pas dans une course de vitesse » sont un recul ; de même, la décision de la direction de la LCR d’attendre son congrès de janvier pour réellement commencer à lancer le processus. Il pourrait y avoir dès maintenant une campagne pour un nouveau parti. Il ne s’agit pas de faire simplement un meeting par ville pour discuter du nouveau parti et rien ensuite. Il faudrait évidemment ce genre de meeting mais pour lancer le processus, c’est à dire proposer un plan de construction, avec des réunions régulières de ceux qui veulent construire ce nouveau parti, dans lesquelles il sera possible de commencer à discuter du programme de celui-ci mais aussi de permettre dès maintenant de se servir de cette campagne pour organiser la résistance face à Sarkozy. Nous ne pensons pas qu’il soit possible et nécessaire de chercher un accord avec le PS pour lutter contre la politique de Sarkozy. Les dirigeants de celui-ci sont en accord avec beaucoup des mesures de Sarkozy sans parler de ceux qui collaborent directement à cette politique. Ce qu’une partie significative des jeunes et des travailleurs veulent c’est participer à la construction de quelque chose de neuf et d’utile contre Sarkozy et le capitalisme : et cela, c’est un parti combatif, construit dans les luttes. C’est le sens de notre déclaration et des propositions concrètes que nous y formulons.Une succession de gouvernements capitalistesLes gouvernements successifs de Balladur à Jospin et Villepin ont tous attaqué nos conditions de vie et de travail, en mettant en place les mesures néo libérales voulues par les capitalistes. Casse des retraites avec Juppé et Fillon ; privatisation des services publics « rentables » comme à France Telecom, Edf ou Banque Postale ; coupes budgétaires et « restructurations » des services publics (transports, santé, éducation…). Sarkozy et son gouvernement Fillon veulent passer à la vitesse supérieure. C’est l’objectif du plan d’attaques de Sarkozy : franchises médicales , défiscalisation des heures supplémentaires, cadeaux fiscaux au plus riches, avancée vers la privatisation de l’Université, suppressions de postes massives dans les services publics, casse des régimes spéciaux et plus tard des retraites… Toutes les lois votées ou prévues par le gouvernement sont autant d’attaques contre les travailleurs. Depuis les grèves massive de l’automne 1995 en passant par les grèves dans le privé en 2001 contre les vagues de licenciements, en 2003 contre la casse des retraites, jusqu’en 2006 contre le CPE, les travailleurs et les jeunes, parfois très nombreux, ont cherché à riposter en luttant. Les attaques ont été parfois freinées, mais pas stoppées. Ces attaques se sont produites et se poursuivent dans d’autres pays à l’échelle mondiale. Partout où les travailleurs, par leurs luttes, ont arraché des droits, les capitalistes et les gouvernements à leur service veulent les reprendre. Les capitalistes accélèrent les attaques car le système est en crise. Ils essaient de tirer le maximum de profits en un temps record et pour cela, s’en prennent de plus en plus aux travailleurs. Le système capitaliste fonctionne sur la loi du profit, toujours plus rapide. Il entraîne le chômage, l’exploitation et la misère. Dans certains pays, il amène la famine et la guerre. Il est basé sur l’exploitation de la majorité de la population par une petite poignée de riches. Pour les exploités, rien n’est gagné durablement dans ce système. Pourquoi un nouveau parti des travailleurs maintenant ?Depuis plusieurs décennies, les attaques capitalistes pleuvent. Même si les travailleurs et les jeunes tentent de résister, ils ont toujours un train de retard face aux attaques capitalistes. Pourquoi ? Parce qu’il manque un outil de combat indépendant des capitalistes qui non seulement représente les travailleurs et les jeunes mais qui permette de s’organiser, de discuter ensemble et de préparer la riposte. Les partis qui traditionnellement représentaient les travailleurs, comme le PS, ont prétendu pouvoir gérer le capitalisme à la fois pour les patrons et pour les travailleurs. A chaque fois que la gauche gouvernementale a gouverné, elle a fait une politique pour les patrons en privatisant et rentabilisant les services publics comme France Telecom ou Air france, en flexibilisant le temps de travail. Aujourd’hui, à nouveau dans l’opposition, le PS poursuit et accentue sa volonté de gérer le capitalisme. C’est une opposition de surface, et dans le fond, PS et UMP s’accordent sur les « réformes » à mener. D’une autre manière, les directions des syndicats ont fait le choix de garder leur place en tant qu’interlocuteur du gouvernement quelque soit sa politique. Alors même que les attaques redoublent contre les droits des travailleurs, les directions syndicales négocient les nombreux plans d’attaques et ne préparent pas vraiment de riposte organisée. L’élection de Sarkozy accélère les clarifications sur le rôle de ceux qui prétendent défendre les travailleurs et les jeunes. Certains dirigeants du PS dévoilent leur vrai programme en travaillant pour le gouvernement de Fillon et les dirigeants des syndicats rencontrent Sarkozy depuis début mai en négociant tout sans aucune consultation des syndiqués, sans aucune mobilisation des travailleurs qu’ils représentent pour construire un rapport de forces plus favorable. Le vide politique est donc immense face à cette politique capitaliste. Et face à ce gouvernement de combat pour les capitalistes, il y a urgence. Une partie des travailleurs et des jeunes refusent cette situation et veut lutter. Le score d’Olivier Besancenot aux présidentielles avait en partie traduit ce rejet et la volonté que ceci se traduise sur le terrain politique. Dimanche 26 août 2007, Olivier Besancenot, au nom de la LCR, avait lancé un appel officiel pour le lancement d’un nouveau parti anticapitaliste. La Gauche révolutionnaire a salué cette initiative et pense que ce nouveau parti pourrait être un pas positif pour les travailleurs et les jeunes en France. L’appel à la création en 2007-2008 d’un nouveau parti peut être un premier pas vers la reconstruction d’un parti des travailleurs, massif et de combat contre le capitalisme et pour le socialisme. Pour une campagne publique de lancement du nouveau partiLa rentrée est marquée par le peu d’opposition réelle à la politique de Sarkozy. Beaucoup de ceux qui veulent lutter ne voient pas comment. Les attaques de Sarkozy et Fillon redoublent et la réponse des directions syndicales est bien en dessous de ce qu’il faut. Malgré tout, la pression monte chez les travailleurs et dans la base des syndicats. Ils ont d’ailleurs été contraints d’appeler à une première journée de grève le 17 octobre. Dans ce contexte, la LCR a décidé de repousser le lancement d’un nouveau parti aux élections municipales de mars 2007 en disant que «rien ne presse». Nous ne pensons pas que ce choix est approprié. Les élections municipales ne sont pas un moment où les travailleurs chercheront à lancer une alternative politique, tout au plus, ils essaieront d’infliger une défaite électorale à la droite par tous les moyens comme aux régionales de 2004. Par contre, en ce moment, le terrain des luttes est déserté, beaucoup cherchent à se battre. Le lancement d’une campagne pour ce nouveau parti maintenant serait un événement politique intéressant beaucoup de jeunes et de travailleurs. C’est aussi le moment de montrer qu’une autre politique est possible, face à Sarkozy, que celle du PS et des directions syndicales. Le choix de la LCR, dans ce contexte, de préférer s’allier avec le PS et le reste de la gauche dans la lutte contre Sarkozy ne permet pas aux travailleurs de voir se profiler une réelle alternative indépendante des capitalistes et combative. Le lancement d’un nouveau parti doit pouvoir être discuté par le maximum de travailleurs et de jeunes qui doivent pouvoir se retrouver dans chaque ville dès octobre. Des réunions de présentation de cette initiative devraient être organisées et appelées par voie de tracts et d’affiches dans la rue, les marchés, les quartiers, devant les entreprises, les lycées, les centres de formation, dans les journées de grèves d’ores et déjà annoncées. Il faut une véritable campagne de lancement du nouveau parti. Ces réunions pourraient dès à présent regrouper des dizaines de personnes bien au delà des forces organisées. Elles seraient un premier cadre pour organiser les luttes nécessaires à venir et participer aux discussions sur le nouveau parti, son programme, son fonctionnement. Ouvertes, comme le sera le nouveau parti, ces réunions doivent permettre à tous ceux et celles qui veulent le construire de s’y exprimer individuellement et en tant que groupes et de décider ensemble des suites à donner à cette campagne de lancement. La Gauche révolutionnaire sera partie prenante et active de cette initiative. Elle fera campagne avec l’ensemble de ces propositions et de son programme. La création en France d’un nouveau parti des travailleurs pourrait permettre de commencer à organiser la résistance contre les politiques capitalistes et de construire la perspective socialiste. Pour un programme anticapitalisteLe nouveau parti est attendu par une petite partie des travailleurs et des jeunes. Il devra faire ses preuves et montrer qu’il se bat vraiment pour les travailleurs. Pour qu’un parti défende efficacement les intérêts des travailleurs, il doit être indépendant de ceux qui font leur politique pour les capitalistes. On l’a vu à plusieurs reprises, les intérêts des capitalistes ne sont pas conciliables avec ceux des travailleurs. Dans les luttes comme dans les élections, un programme anticapitaliste ne peut pas se limiter aux limites imposées par le système. Ce nouveau parti devra refuser les politiques de gestion du capitalisme et refuser de soutenir ceux qui les mènent nationalement dans les institutions municipales, dans les départements ou les régions. De la même manière, sur le terrain de la lutte contre la politique de Sarkozy et Fillon, l’alternative aux directions syndicales et au PS doit se construire sur un programme clairement anticapitaliste. Pour cela, il devra défendre un programme de défense des travailleurs dans lequel ce sont les travailleurs et les jeunes qui décident des besoins et non plus la loi du profit, un programme qui se pose en alternative au capitalisme, un programme qui se bat pour le socialisme. Face aux attaques de Sarkozy, Fillon et du Medef , pour des revendications unifiant les travailleurs des différents secteurs. Les dizaines de milliards de profits (96 milliards pour les 40 premières multinationales françaises en 2006) qui chaque année vont dans la poche des patrons et des actionnaires ou dans la spéculation permettraient de financer les revendications suivantes, qui sont de premiers axes de lutte. - Un véritable emploi pour tous et toutes, avec un salaire permettant réellement de vivre, pas de salaire en dessous de 1500 euros, pour une hausse générale de tous les salaires de 300 euro - contre les licenciements, les fermetures de site et les délocalisations, pour une lutte commune de tous les travailleurs menacés contre tout licenciement, pour des liens avec les travailleurs des pays où le site est délocalisé, pour la nationalisation sous le contrôle démocratique des travailleurs de toute entreprise procédant à un plan de licenciement- contre les privatisations, pour la renationalisation des secteurs privatisés sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs eux-mêmes. - contre la casse des services publics, pour de véritables services publics, gratuits, où usagers et travailleurs décident ensemble des priorités à tous les niveaux. Pour des créations massives d’emploi dans tous les services qui en ont besoin, pour les quartiers défavorisés… Pour la création de crèches, … - Pour une journée de grève interprofessionnelle permettant de construire un mouvement massif de grève des travailleurs et des jeunes. - Pour la retraite pleine et entière après 37,5 annuités de cotisations pour tous ! Défense des retraites, maintien des régimes dit « spéciaux », pour la retraite au plus tard à 55 ans dans toutes les autres branches-Pour des logements décents, en nombre suffisant, aux loyers modérés, pour la réquisition des logements vides sans indemnité ni rachat, pour la nationalisation des groupes immobiliers sous le contrôle des travailleurs et des locataires. - Pour une éducation gratuite pour tous et toutes, contre la privatisation des universités - Contre les discriminations (sexisme, racisme, homophobie…) et les lois racistes, - Pour le droit de vivre en France pour tous décemment, non aux expulsions, abrogation de toutes les lois racistes et régularisation de tous les sans papiers.
La nécessité d’une véritable alternative au capitalisme : le socialismePour réellement en finir avec la précarité, les bas salaires, et l’exploitation capitaliste, il faut s’en prendre à la propriété privée des moyens de production. Ce ne sont pas les entreprises qui créent les richesses mais les travailleurs qui y produisent. La propriété collective des moyens de production (automobiles, telecoms, transports, énergie…) sous le contrôle de ceux qui produisent, les travailleurs, est le seul moyen d’en finir avec les inégalités. Pour cela, il faut construire une société socialiste. Un système où l’économie fonctionnera pour satisfaire les besoins de tous et non pour une minorité. Une société où les décisions seront prises démocratiquement, grâce à des élections directes des représentants au niveau local, régional et national pour permettre de planifier la gestion de l’économie en fonction des besoins réels des travailleurs. Pour en finir avec les attaques, définitivement, il faut renverser ce système et s’organiser pour cela. Seule une révolution permettra de construire une société débarrassée de la loi du profit où les besoins sont décidés par tous. La Gauche révolutionnaire veut contribuer à la construction d’un parti révolutionnaire de masse qui pourra permettre à de plus en plus de travailleurs et de jeunes de lutter de manière consciente pour la seule alternative durable au capitalisme, le socialisme. La construction d’un parti révolutionnaire est donc toujours à l’ordre de jour mais pour défendre cette perspective révolutionnaire à une échelle de masse auprès des travailleurs, il va falloir du temps. Les trahisons des partis (PS-PCF) qui étaient censés défendre les travailleurs ont semé le doute et la confusion sur la possibilité et la nécessité de se battre contre le capitalisme et pour le socialisme. L’existence d’un parti anticapitaliste, combatif, indépendant de ceux qui gèrent le capitalisme sera un pas positif pour développer l’alternative socialiste à un échelle plus large qu’aujourd’hui. C’est pour cela que la Gauche révolutionnaire est favorable au lancement d’un nouveau parti en France aujourd’hui. |
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| Dernière mise à jour : ( 16-04-2008 ) |
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