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18-04-2012

Sénégal : Wade dégage !

Par Mika Helot

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Manifestation à Dakar du collectif «Y’en a marre» (Joe Penney / Reuters)
 

Le 26 février 2012, le premier tour des élections s'est tenu dans un climat plus que tendu. À la tête du pays depuis 12 ans, Abdoulaye Wade brigue un troisième mandat, malgré les vives protestations que suscite sa candidature. L'opposition, regroupée au sein du Mouvement du 23-Juin (M23), estime que l'actuel chef d'État a épuisé ses deux mandats légaux et que sa nouvelle candidature constitue un "coup d’État constitutionnel". Des milliers de jeunes sont entrés en lutte face au pouvoir de Wade, inefficace contre la situation de misère de la jeunesse et d’une majeure partie de la population.


Depuis son indépendance, le Sénégal a connu une relative stabilité politique. Pourtant la validation, le 16 février, de la candidature d’Abdoulaye Wade par le conseil constitutionnel (dont les membres ont été nommés par Wade lui-même) ne passe pas.

Aussitôt, des protestations on eu lieu partout : le jour même des centaines de personnes étaient rassemblées place de l’obélisque à Dakar. La contestation a duré plusieurs jours.Il y a eu des dizaines de morts et des centaines de blessés lors d’affrontements avec la police qui voulait débloquer les barrages routiers ou disperser manifs et sit-in.

La crise n’a pas épargné le Sénégal, le coût de la vie a augmenté, les salaires sont bloqués à des niveaux très bas et le chômage s’est aggravé. Dans les quartiers pauvres, le manque d’eau courante et les coupures d’électricité sont régulières. Cette situation de misère n’est plus supportable. Wade fait les frais de la politique néo-libérale qu'il a mise en place ces dernières années sous l’influence du FMI. A l’heure ou sont écrites ces lignes le second tour n’aura lieu que dans une dizaine de jours, le 18 mars. Wade affrontera Macky Sall, un de ses anciens premiers ministres. Même si Wade est battu, aucun changement notoire n'aura lieu

L’opposition ne donne pas de perspective pour un réel changement

Le M-23 est un conglomérat de l’opposition à Wade elle comprend des collectifs comme «Y’en a marre» créée à l’initiative de rappeurs regroupant des jeunes pauvres de Dakar. Il regroupe aussi la plupart des candidats aux élections qui se sont tous alignés derrière Sall et dont le seul but est de chalenger le pouvoir de Wade sur le pays et d’installer une autre élite à sa tête pour servir les intérêts des capitalistes occidentaux. Les aspirations des masses à une amélioration des conditions de vie ne pourront se faire sans l’entrée en lutte des travailleurs et des couches pauvres contre toute la caste politique au service des intérêts impérialistes, il faut qu’ils dégagent tous !

L’impact des révolutions de l’année dernière au Maghreb joue un rôle, Le Sahara n’a pas arrêté la vague. En effet la région ne sera pas épargnée par ce type de révolte. Déjà au Nigeria une grève générale a eu lieu au mois de janvier faisant trembler sur ses fondations le régime de Goodluck Jonathan, et effrayant la bourgeoisie local et les impérialistes occidentaux.

De nombreuses grèves secouent le Sénégal ces dernières semaines, notamment celles des chauffeurs de bus, des routiers ou des enseignants. Il est temps que le gigantesque mouvement contre Wade s’approprie les revendications des travailleurs en terme de salaires et de conditions de travail. Cette lutte est liée à celle pour dégager Wade et sa bande au complet car il est clair qu'aucun de ses opposants ne sera en capacité de satisfaire les revendications des travailleurs et des jeunes.La perspective de lutte sociale et politique dans les prochains mois est sérieusement envisageable.


Dernière mise à jour : ( 18-04-2012 )
 
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