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21-10-2009 |
Molex, Good Year... des luttes isolées qui résistent ! Pour sauver leurs emplois, depuis des mois, des milliers de salariés et notamment ceux de la filière automobile, mènent des luttes acharnées et exemplaires contre les patrons qui ferment les usines sous prétexte de crise économique.
Isolées mais souvent à l’initiative d’équipes syndicales locales très combatives, les luttes ont pris des formes différentes : occupation de l’usine avec ou non séquestration de patrons mais aussi menace de faire sauter l’usine comme chez New Fabris à Châtellerault. Tous se battaient contre les suppressions d’emplois et ont tous fait reculé les patrons comme à Ford Blanquefort ou l’entreprise a été rachetée par un fonds d’investissement HZ Holding. Certains n’ont pu éviter la fermeture comme chez New Fabris et Continental de Clairoix mais en se battant pied à pied pour obtenir de meilleures primes de licenciement. Tous savent que ces «primes à la valise» sont des gouttes d’eau par rapport aux profits des actionnaires et ne paient pas tout une vie de boulot de travailleurs. Mais tous, bien conscients que un par un on ne pourrait gagner, ont appelé à une lutte d’ensemble de tous les salariés victimes de plans sociaux dans le privé ou des fermetures de postes dans le public. C’était le sens de la création du Comité de résistance ouvrière de la Meuse, mais aussi de l'appel des New Fabris et de la manifestation du 30 juillet ou de la rencontre des travailleurs en lutte à l’initiative des Ford Blanquefort le 5 septembre. Partout, la nécessité de lutter ensemble est posée pour les emplois et contre les privatisations dans le public. Ils appellent à construire la manifestation du 17 septembre à Paris et à construire l'unité des luttes actuelles.Les luttes pour les emplois continuent en ce mois de septembre et continueront dans bien des entreprises comme à Good Year Amiens ou Molex à Villemur sur Tarn près de Toulouse.Molex est fournisseur de connectique à 80% pour Peugeot PSA. Depuis 10 mois les 283 salariés de Molex sont en lutte contre le plan social de la direction et la fermeture de la boite. Le patron les balade depuis des mois. Excédés les ouvriers ont voté le 6 juillet la grève reconductible. Début août , après un comité d’entreprise où la direction a dit que les discussions avec un éventuel repreneur étaient rompues, les salariés ont jeté des œufs sur des dirigeants. La direction a fermé la boite alors que les salariés eux ont voté la reprise du travail le 6 août. L'usine est toujours fermée à ce jour, gardée par une cohorte de vigiles et ce, malgré une décision de tribunal ordonnant l’ouverture de l’usine. Les salariés se sont posés alors la question de rentrer à nouveau dans l'entreprise. Le débat sur la reprise de la boite par les salariés a même eu un peu lieu cet été. Mais aujourd'hui, les débats ont un peu reculé : la fatigue, une situation financière dramatique après deux mois et demi sans salaire, ni congés payés pèsent lourd. Malgré cela, ils sont toujours jour et nuit devant l’usine pour que le matériel ne parte pas. La direction de Molex a lancé un ultimatum au 15 septembre pour qu’ils acceptent le plan social sinon ils ne toucheront rien ! Un repreneur éventuel est respectivement annoncé par B. Thibault et Estrosi, le ministre du travail. Les salariés sont évidemment sceptiques. Encore un fonds d'investissement ? Les travailleurs ont prévu de participer à la manifestation du 17 septembre à Paris aux côtés des autres salariés en lutte.Marie Josée DouetL'Egalité n°139; septembre-octobre 2009 |