Offensive du gouvernement contre les travailleurs et les jeunes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-09-2009

Elle a bon dos la crise !

      C'est dans un contexte bien morose que s'est passée cette «rentrée» politique et sociale. La fameuse trève estivale n'en aura pas été une pour beaucoup d'entre nous et certainement pas pour le patronat et le gouvernement. Cela devient maintenant une tradition de profiter de l'été pour faire passer des attaques anti sociales.

Taxe carbone

     Le capitalisme transforme tout en marchandise et la question de la protection de l'environnement n'y échappe pas. Sous l'impulsion de  Michel Rocard (soit disant de gauche!) le gouvernement veut imposer  la taxe carbone. Elle doit soit disant servir à limiter les rejets de CO2 et lutter contre l'effet de serre. Le principe est que nous devrons payer une taxe en fonction de la quantité de CO2 que nous sommes censés rejeter (par la voiture, le chauffage...). Le montant de cette taxe (17 € la tonne par ménage en 2010 puis une augmentation de 5% par an) devra être acquitté par tout le monde sans distinction de revenus et devrait se monter à une somme avoisinant les 200€ par an et par ménage ! Les entreprises (qui rejettent ¾ des émissions polluantes) seront aussi soumises à la taxe, mais pas toutes. «En 2010, les entreprises acquitteront un peu moins de 2 milliards d’euros de taxes et les ménages près de 2,5 milliards d’euros, TVA comprise.» (selon un article paru sur le site de RFI le 10/09/09). Les personnes non imposables, ceux qui n'ont pas accès à des transports publics et ceux qui ont des installations «écologiques» recevront un chèque de compensation, de même pour les entreprises qui pourront invoquer les difficultés économiques pour ne pas avoir à payer.  Dans la réalité, cette taxe n'aura qu'un effet minime voire aucun effet sur les émissions de CO2. Elle permettra par contre aux plus grands pollueurs de pouvoir continuer sans risquer grand chose puisqu'ils pourront acheter leur droit à polluer.  

 Grand emprunt

     Dans la lignée des extorsions que l'on doit subir le gouvernement à décider de lancer un «grand emprunt». C'est à dire que nous serons appelés à prêter de l'argent à l'État (à un taux avoisinant les 4% sur 10 ans) pour mettre en place une politique pour financer les «priorités nationales» selon Sarkozy. En fait, l'ampleur des plans de relance dans le monde est telle que le marché de la dette publique (financement des dettes des États par des emprunts auprès d'investisseurs privés) est quasiment saturé. C'est donc à nous qu'on demande de l'argent pour financer des mesures et des investissements qui profiteront en priorité aux entreprises privées (BTP, nouvelles technologies...) ou à finaliser la privatisation de certains secteurs (Energie, enseignement supérieur...) En réalité, il s'agit de concentrer les investissements de l'Etat sur certains secteurs dans lesquels la France pourrait soutenir la concurrence mondiale. C'est donc encore une fuite en avant pour sauver un système capitaliste en crise sur le dos de la population, car dans les conditions actuelles il y a un fort risque que l'inflation s'installe durablement et que donc les intérêts qui devraient être versés se réduisent d'autant.

Santé

      En plus de la loi Bachelot, le gouvernement a annoncé une augmentation du forfait hospitalier et de nouvelles baisses de remboursements des médicaments. C'est une accélération du processus de privatisation de la santé qui amène déjà de plus en plus de personnes à ne pas pouvoir se soigner correctement faute de moyens. Bachelot a annoncé cet été que la priorité était de restructurer les hôpitaux pour les rendre plus rentables ; il s'agit en fait de fermer encore des milliers de lits et de mettre en concurrence le privé et le public. Une fois de plus l'argument choc est que la concurrence fait baisser les prix. Le récent rapport de la Commission européenne sur les tarifs téléphoniques prouve le caractère mensonger des privatisations qui, en introduisant de la concurrence, était censé faire baisser les prix. En réalité on a assisté à une entente des opérateurs pour maintenir des pris élevés. La France est l'un des pays où la téléphonie coute le plus cher.

La faute à la crise ?

     L'argument massue depuis un an c'est : la crise ! Les classes dirigeantes essaient de trouver tous les moyens possibles pour utiliser cette crise comme prétexte pour justifier la poursuite des politiques néolibérales. En réalité, le programme anti-crise des classes dirigeantes se décline dans une accélération des mesures à l'encontre des classes populaires et en faveur des plus riches et du patronat.

     Avec l'augmentation importante du chômage (déjà 20% de plus en 1 an) c'est un processus d'appauvrissement généralisé qui va s'abattre sur les classes populaires, processus déjà engagé par les 30 dernières années de mesures néo-libérales. Ce gouvernement continue de démontrer qu'il est bien le gouvernement des classes les plus riches. Face à ces attaques et face à l'absence d'une réelle opposition de masse c'est à  nous aujourd'hui de nous forger l'outil politique dont nous avons besoin pour défendre nos droits et construire une alternative socialiste à ce système pourri.


Prégny Virginie`
L'Egalité n°139 (septempbre-octobre 2009)
Dernière mise à jour : ( 30-09-2009 )
 
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