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Premiers pas vers un nouveau parti |
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10-04-2008 |
Initiative de la LCR pour un nouveau parti anticapitaliste : quelles perspectives? L’appel lancé en août 2007 par Olivier Besancenot pour un nouveau parti anticapitaliste peut permettre de commencer à répondre au vide politique. Or l’efficacité et le dynamisme de ce nouveau parti dépendront de sa capacité à s’adresser aux jeunes et aux travailleurs afin que ceux-ci y voient un outil pour les luttes contre les politiques capitalistes, et l’investissent massivement. C’est sur cette base que son programme et son fonctionnement doivent être discutés.
Pour cela, il doit être fondé sur une indépendance de classe et aura à concrétiser cette orientation en mettant en avant des revendications concrètes et qui remettent en cause l’exploitation capitaliste : un vrai emploi pour tous avec des salaires décents, des logements de qualité pour tous et peu chers, des vrais services publics gratuits, le refus des plans de licenciement, de casse du droit du travail… Une campagne de lancement de ce parti se doit donc être articulée avec le soutien et le développement des luttes actuelles. La lutte des cheminots en novembre dernier aurait pu constituer un moment fort pour lancer cette campagne, tant la nécessité de construire une alternative aux capitalistes apparaissait à de nombreux travailleurs. Aujourd’hui les comités pour un nouveau parti doivent soutenir et participer à la construction des luttes actuelles, en mobilisant pour les journées de lutte nationales et locales et en avançant la nécessité d’une journée de grève public/privé, afin de démontrer aux jeunes et aux travailleurs qu’un tel parti serait un lieu central de l’élaboration de la riposte contre le patronat et le gouvernement. Pour un lancement nationalDéjà dans plusieurs villes, des comités locaux ont répondu à l’appel de la LCR, s’organisant en réunions pour débattre du fonctionnement et du programme du nouveau parti. Ceci est essentiel pour que la base des jeunes et des travailleurs inorganisés s’approprie la fondation du nouveau parti. Seulement ça ne peut faire l’économie d’un véritable lancement national qui diffuserait à une échelle de masse la perspective du nouveau parti et contribuerait à homogénéiser autour de mots d’ordre et d’initiatives concrètes des situations locales parfois très diverses. Car outre la visibilité amoindrie, l’absence de cadre général unificateur risquerait de produire des ralentissements, voire des éclatements, dans le processus de formation du nouveau parti. Construire sans se dissoudre Cela ne veut pas dire qu’il faut dès maintenant poser un programme figé qui devrait être accepté par quiconque voudrait construire ce nouveau parti. Au contraire ce sont aux jeunes et aux travailleurs qui construiront ce nouveau parti à l’élaborer dans les débats et par leurs expériences de lutte, de manière démocratique. C’est pourquoi il est indispensable que ce parti se structure avec des sections dans chaque ville, des rencontres nationales régulières pour que de manière démocratique tous ses militants participent et décident des propositions, des revendications, du matériel, du programme… En ce sens, il est essentiel que, dans son processus de formation, le nouveau parti soit inclusif et permette l’expression de différentes plateformes si nécessaire. C’est dans les débats et dans les luttes que se feront les éclaircissements préalables à l’élaboration du programme. En ce sens, il est aussi indispensable que les forces politiques participant à sa formation apparaissent pleinement avec leur matériel et leur programme dans un débat constructif et ouvert. Vouloir renoncer à sa propre organisation et à son propre programme revient en fin de compte à vouloir renoncer au débat dans la nouvelle formation comme à la possibilité de convaincre des travailleurs anticapitalistes de la nécessité de l’alternative socialiste. Geneviève FavreL'Egalité 130 (mars- avril 2008) |